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(D'après le révérend Charles F. Harper)
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Nous, les humains, jouissons d'une place de choix dans la création.
Une place qui exige de nous l'adoption d'un code de conduite basé
sur des valeurs telles que la gentillesse, la générosité, la
tolérance, la joie, la paix, etc. Les héros nous aident à
définir ces valeurs, à les développer et à nous y référer.
Sans ces exemples, nous pouvons être amenés à adopter de
fausses valeurs et créer ainsi un déséquilibre dans la
création. La balance vacille et on bascule dans le chaos
et le désordre.
Un proverbe de la Grèce antique disait "Dis-moi qui tu admires et je te dirai qui tu es".
Donc selon cette logique, le choix du héros revêt un caractère très important
car il détermine le caractère d'un individu et d'un peuple. Les plus grands
conquérants de l'histoire le savaient. Mettez Mao à la place du Dalai Lama
et vous aurez l'annexe de la Chine. Remplacez le tsar, la tsarine, et les
symboles de l'Eglise orthodoxe russe par Lénine et vous aurez l'Union soviétique.
Ils savaient tous que le fait de priver un peuple de héros ou de l'opportunité
d'en choisir un, est l'ultime forme de conquête. Ils savaient tous que le fait
de supprimer les héros d'une culture équivalait à les conquérir tous.
A en juger par le succès des émissions télévisées, des magasines, des films,
des biographies et autres autobiographies, il semblerait que les vrais héros
ne fassent pas légion. Et pourtant, nous avons plus que jamais besoin de héros.
De manière collective et individuelle nous demeurons un peuple en quête de
sages, anxieux et impatients que nous sommes de trouver des personnes
dignes de notre amour et de notre loyauté.
La question n’est pas de savoir si nous avons besoin de héros
: nous sommes un peuple en mal de héros. Il s’agit plutôt
de déterminer quel genre de héros nous devrions adopter.
Choisir un mauvais genre de héros pourrait éventuellement
briser les liens sacrés de la société. Quand
une société est dépourvue de bons héros,
elle en choisit d’autres, comme ce fut le cas en Serbie et en
Allemagne nazie. Dès lors, le choix d’un mauvais héros
déclenche une énergie dévastatrice plus puissante
qu’une fission nucléaire. Le choix d’un mauvais
héros peut détruire le noyau de la société
humaine et engendrer une réaction en chaîne de sexisme,
de racisme, de haine et de violence, de cupidité, de jalousie,
de ressentiment et de corruption.
Pour mieux illustrer mes propos
Lors des éliminatoires de base-ball de 2000, un lanceur lança une balle, le batteur donna un coup et sa batte se brisa en plusieurs morceaux. L'un des morceaux passa de justesse près du lanceur. Celui-ci prit le morceau et le jeta au batteur. Les propos échangés n'ont pu être entendus, mais on peut imaginer leur dispute. Le batteur fit quelques pas vers la levée, et l'arbitre se dépêcha de s'interposer entre le lanceur et le batteur. Les sièges et les gradins se vidèrent, et les joueurs couraient dans tous les sens comme pour fuir un essaim d'abeilles. Le lanceur dit : "Je voulais simplement enlever le morceau du terrain". Le batteur déclara : "Il cherchait à m'assommer". Cette histoire aurait certainement pu prendre une autre tournure si le lanceur était allé vers le batteur pour lui dire : "Ecoute, je suis vraiment désolé. Je me suis emporté. Je suis tellement excité par le championnat et l'idée d'être si proche de la victoire que j'ai perdu le contrôle. Je n'avais certainement pas l'intention de le faire passer aussi proche pour t'expédier au royaume des songes. Je vais te chercher une autre batte, et t'offrir une autre lancée, plus facile cette fois-ci". Et le batteur de répondre : "Disons que ça fait partie de jeu. Désolé de mettre laissé emporter. Je sais que nous sommes tous sur les nerfs en ce moment. Mais rends-moi service, la prochaine fois évite ma tête au moment de ta lancée, tu veux ?".
Savez-vous ce qu'il serait arrivé s'ils avaient eu une conversation de ce genre ? Le lanceur et le batteur seraient la risée de la ligue. Peut-être même celle de la nation voire du monde entier. Le fait est que le comportement ne compte pas. Seuls les résultats comptent. Il en est de même des victoires et des défaites. Intimider le batteur compte, les points marqués par le batteur également. C'est l'une des règles du jeu de la vie, et la personne qui a la meilleure performance, le plus d'argent, le plus grand nombre d'électeurs, le plus de jouets, la personne la plus célèbre, devient notre héros.
Avec la culture d'aujourd'hui, qu'elles soient des stars de la chanson ou du cinéma, des vedettes du sport ou des politiciens, nous avons substitué les célébrités aux héros. Des célébrités dont nous attendons peu et parfois obtenons encore moins. Après tout, les stars font partie de notre culture de consommation. Par définition, elles sont là aujourd'hui, mais demain elles disparaissent pour être remplacées par de nouvelles vedettes. Culturellement, nous sommes tellement pressés de trouver quelqu'un en qui placer notre amour et notre loyauté que nous les plaçons, de temps en temps, et de manière instantanée dans cette pléiade de nouvelles vedettes qui seront bientôt oubliées. Une célébrité est uniquement l'objet de curiosité ou d'imitation tandis que le vrai héros nous fait vivre la naissance et la réalisation de sa vision et de ses rêves. Cette quête du héros est encore plus vraie en temps de crise et d'incertitude, états d'esprit qui font naturellement partie de l'enfance et de l'adolescence. Et en basant nos valeurs sur celles des célébrités, nous nous limitons nous-mêmes à des valeurs plus que médiocres.
Les héros ne s'arrêtent pas à l'aspect matériel de la vie mais plutôt
à l'essence des choses. Leurs règles et objectifs sont différents.
Ils vivent et travaillent à nos cotés mais ils adoptent les valeurs
éternelles de l'amour, de la joie, de la paix, de la patience, de
la générosité, de la bonté, de la loyauté, de l'humilité, et du
contrôle de soi qui les font vivre. Et même si gloire, fortune
et pouvoir peuvent croiser leur chemin, ce n'est pas parce
qu'ils les ont cherchés. Un vrai héros, celui qui mérite une
biographie, une autobiographie ou des mémoires, a du charisme
et l'attention qu'il attire, il la dirige au-delà de sa personne ;
c'est un être dont les valeurs éternelles se reflètent dans sa vie
quotidienne. Les héros nous aident à adopter et à aspirer à des
valeurs que nous n'aurions jamais cru atteindre.
On trouve les héros dans la vie de tous les jours. Ils sont présents parmi nos parents,
nos professeurs, nos conseillers ou même cet ange inespéré qui nous aide à changer une
roue par une nuit noire et pluvieuse.
On peut les trouver dans notre tradition religieuse et historique.
Ou encore parmi les activistes sans gloire ou les braves politiciens qui se
sont élevés au dessus de la mêlée. Un historien dit un jour : "Aucun grand
homme n'a vécu en vain. L'histoire du monde n'est autre que la biographie
des grands hommes".
L'histoire du monde est la biographie des grands hommes et femmes. On trouve des héros dans
les biographies, parfois dans les autobiographies et les mémoires qui sont rédigées non pas
pour le culte de la personnalité mais plutôt pour révéler les vécus qui nous ont fait franchir
un pas de plus vers l'accomplissement de l'idéal humain. Il était donc évident que la
nécessité d'une organisation internationale chargée d'identifier, de mettre en évidence
et de promouvoir les héros passés ou présents, locaux ou communautaires, nationaux ou
internationaux, qui personnifient les valeurs et qui renforcent les bases du village
planétaire dans lequel nous vivons se fasse vivement ressentir.
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